Petit historique

Ça fait maintenant quelques temps que je photographie, essentiellement pour le plaisir. En fait, j'ai commencé bien avant mes études, en empruntant les appareils de mes parents.

Durant toute ma jeunesse, j'ai été reproché maintes fois de rester cloîtré dans ma chambre, et pour cause : il n'y avait rien à faire dehors à moins de 10 kilomètres autour de chez moi. Il y avait aussi cette particularité physique très fréquente chez les adolescents en puberté ; l'acné, mais bien plus forte que la normale.

Pendant diverses formations et études, j'ai eu des des cours de photographie, mais je n'y prêtais que trop peu d'attention au niveau technique parce que très souvent, les prises de vues se faisaient en studio. Il y avait quand même de la diversité dans les formats et dans les techniques enseignées (film, sténopé, numérique). Durant ces périodes, je ne parvenais pas à me mettre dans "l'ambiance", je voulais juste sortir.

Je suis abonné au parc Pairi Daiza depuis trois ans, où je prends régulièrement les animaux en photo. Mais les images restaient pour la grande majorité sur le disque dur. De temps à autre, je m'autorisais des clichés sur le à l'aller ou au retour du parc, sur le chemin, à la gare,...

Plus je bougeais avec les transport en commun, et plus régulièrement j'emmenais mon appareil photo dehors, pour le plaisir de photographier.

Révélation

À contrario des moments où je code, j'apprécie énormément sortir afin de créer des images dans le but documenter ce qui se passe à l'extérieur, et en particulier les êtres vivants, pour les mêmes raisons que celle·ux qui m'ont précédé.

Pendant longtemps j'aurais voulu être photographe pour National Geographic, qui sont justement spécialisés dans les documentaires. Documenter la vie par la photo. J'avais trouvé ce que je voulais faire dans ma vie. J'ai toujours su que je devais créer et documenter.

Depuis maintenant bientôt un an, je m'initie à la photographie de rue en amateur. Je m'entraîne, je lis et je pratique. J'ai aussi fait l'acquisition d'un objectif 35mm DX f/1.8G de Nikon, un format assez répandu dans le milieu. Je me suis senti à l'aise avec ce "caillou" très rapidement, car j'ai remarqué que je photographiais beaucoup dans les "focales standard" et y était assez à l'aise.

Durant une de mes première sorties où j'ai clairement pris mon appareil dans ce but, j'ai été repéré, occupé à photographier certaines personnes, ce qui m'a fortement déstabilisé vu que je suis très timide et assez introverti (ce qui semble être assez commun chez les photographes).

Il y avait bel et bien cette crainte d'être vu, mais cela s'est bien passé ; la semaine suivante, j'ai reçu un email demandant les photos prises ce jour-là : j'avais immortalisé un souvenir. J'ai ressenti ce plaisir d'avoir accompli quelque chose, avec peu, et ça m'a encouragé à continuer.

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Questionnement

Même après avoir vécu tout ça, j'ai toujours une crainte que les personnes-sujets s'interposent physiquement, confisquent ou cassent mon appareil photo (qui est en fait le seul actuellement).

La peur est notre pire bourreau. Mais en dehors de nos pensées, existe-t-elle ? D'où vient-elle sinon ? Dans son blog, Eric Kim écrit (traduit de l'anglais) :

"Nous sommes biologiquement programmés pour éviter le danger. Notre cerveau choisira toujours d'éviter les risques à recevoir 'une récompense'. Si vous allez dans un casino, perdre 100,- vous rendra deux fois plus malheureux que d'en gagner autant."

Cette crainte provient du fait que photographier des inconnus est une pratique agressive en Occident, que la personne à l'appareil photo ferait du repérage, du voyeurisme. Des lois sur la vie privée voient le jour alors que le photographe de rue le plus prolifique au monde, Google Streetview peut photographier sans souci dans un flot continu avec plusieurs appareils accrochés à une voiture, sans même l'ombre d'une condamnation ou d'une plainte.

Malheureusement, à cause des événements passés ces dernières années, la montée de la sécurité partout dans le monde, je crains que ça n'aille en s'arrangeant, autant vis-à-vis des pouvoir politiques que de la population, vivant de plus en plus dans un climat de crainte, provoquée par ces même politiques.

Pour ma part, que ce soit en noir et blanc ou en couleurs, rien je ne ferai rien pour porter atteinte à la dignité ou à la sécurité des personnes que je photographierai. Les images créées pourront être demandées de plein droit de votre part via un formulaire qui sera prévu à cet effet.